Lettre ouverte à la société

Cinq ans après l’éclatement de la crise financière, le secteur financier belge se trouve à un carrefour de son existence. Les grandes banques, les banques d’épargne ou les banques de niche, les banques qui ont reçu l’aide des pouvoirs publics et les banques qui ont survécu seules à la crise : toutes sentent que la société porte un autre regard sur elles et que la perte de confiance pèse sur le secteur financier dans son ensemble. Les banques veulent donc tout mettre en œuvre pour inverser la tendance. Non pas par des études et des discours, mais bien par des actes.

À l’avenir, le secteur se veut plus que jamais le fluide vital de cette société. Un secteur qui soutient l’économie, qui fournit une infrastructure financière efficace et qui maintient l’équilibre entre l’épargne et l’investissement. En d’autres termes, un secteur financier qui, jusque dans ses moindres recoins, se met au service de l’homme, de la société et de l’économie.

Ce projet d’avenir est résumé par quatre engagements, pris par le secteur vis-à-vis de la société.

Les banques s’engagent à financer l’économie.

Pendant des années de même que pendant et après la crise financière, les banques belges ont financé l’économie. Même lorsqu’ elles réduisaient fortement leur bilan, chaque euro d’épargne supplémentaire a été entièrement transformé pour financer l’économie.

La combinaison du durcissement des exigences de capital internationales et du ralentissement économique persistent, qui pèse sur la santé financière des entreprises, des pouvoirs publics et des particuliers, implique cependant que les banques seules ne pourront pas répondre aux besoins de financement de l’économie. Dans une offre équilibrée de formules de financement pour l’économie, le crédit bancaire est un maillon important, mais pas isolé. Les banques continueront non seulement à financer l’économie en octroyant des crédits à des tarifs compétitifs, dans la mesure du possible, mais elles réfléchiront aussi de façon constructive à des solutions alternatives pour continuer à oxygéner l’économie.

Le secteur s’engage à maintenir un paysage bancaire diversifié et continue à garder comme objectif un faible profil de risque.

L’économie de PME belge, axée sur l’exportation, est idéalement servie par un paysage bancaire fortement diversifié, composé de petites et grandes banques, de banques d’ épargne et de banques d’affaires, de banques de niche et de banques universelles. Voilà pourquoi le secteur a entamé la réduction de ses bilans, renforcé ses fonds propres et diminué ses risques et sa dépendance envers les marchés financiers. Il s’est également replié sur son marché intérieur, il a fortement limité ses risques et il a acquis la conviction qu’une augmentation du chiffre d’affaires n’engendre pas forcément une plus-value.

Nos institutions s’engagent à poursuivre la modernisation de l’infrastructure financière et l’innovation.

L’infrastructure financière en Belgique offre le meilleur de tous les mondes : la combinaison unique d’un vaste réseau d’agences et d’un système très élaboré d’activités bancaires électroniques, mobiles et par internet. Dans l’évolution du rapport entre le nombre d’agences et la banque électronique, mobile et par internet, le client sera toutefois un élément déterminant. Les banques répondront aux attentes des clients. Elles investissent toutefois pour retrouver leur rôle de pionnières en matière de paiement électronique et mobile. Le secteur s’engage donc à investir pleinement pendant les prochaines années dans l’innovation et la modernisation de l’infrastructure financière.

Nous nous engageons à continuer à remplir notre rôle dans la société.

Un secteur financier ne peut être durable et vital, financer l’économie, gérer sainement l’épargne et l’investissement et offrir des paiements efficaces et modernes s’il s’enferme dans une tour d’ivoire. C’ est pourquoi nous nous engageons à écouter les aspirations de nos collaborateurs, de nos clients et de la société dans son ensemble. Nous nous efforcerons aussi de répondre à ces aspirations, dans la mesure où elles sont réalistes et conciliables avec une gestion équilibrée des institutions financières.

Ces dernières années, de nombreux efforts ont été fournis à cet égard. La conclusion volontaire par les banques avec le FSMA d’un moratoire a limité la vente de produits financiers particulièrement complexes. De nouveaux codes de conduite ont amélioré les relations avec les clients, et des initiatives en matière de formation financière ont essayé de favoriser la connaissance des banques et de leurs produits. Des initiatives relatives à l’épargne, l’emprunt et l’investissement durables ont été développées pour stimuler le financement d’objectifs durables, et le secteur s’est précipité à l’aide de clients dans le besoin après l’annonce des restructurations de Ford, ArcelorMittal ou Caterpillar.

Les engagements pris dans l’agenda stratégique ne sont pas de vains mots pour les banquiers, mais bien des promesses gravées dans la pierre, essentielles pour le secteur financier durable et vital que nous voulons continuer à construire ensemble.

 


Filip Dierckx, Febelfin/BNP Paribas Fortis

Michel Vermaerke, Febelfin

Luc Versele, Crelan

Dirk Wouters, Bank J. Van Breda & C°

Johan Thijs, KBC Groupe

Thierry Maertens de Noordhout, Bank Delen

Jos Clijsters, Belfius

Luc Aspeslagh, KBC Securities

Philippe Masset, ING Belgique

Frederic Hannequart, Euroclear

Membres du Bureau de l’Association Belge des Banques et des Sociétés de Bourse