Le 3-3-4 du secteur financier

Généralités

L’exercice de corporate social responsibility (CSR) et les travaux menés par les groupes de travail sur les divers aspects de l’agenda stratégique ont finalement débouché sur ce que le secteur financier a lui-même baptisé le 3-3-4 – en référence aux 3 missions de base, aux 3 facteurs de succès et aux 4 engagements qui se sont explicitement détachés de toutes les discussions.

Le 3-3-4 est résolument tourné vers l’avenir, sans pour autant perdre de vue le passé. Il prend en compte les leçons que le secteur a tiré de la crise et la pression légitime exercée par la société pour que de telles erreurs d’appréciation soient évitées à l’avenir. Mais il n’en est pas moins conscient que le secteur financier de 2013 n’est plus le secteur financier de 2008. De même, le cadre dans lequel les banques opèrent a complètement changé ces cinq dernières années, tant sur le plan économique qu’en matière de réglementation.

Depuis l’éclatement de la crise financière, le secteur a subi une profonde transformation. Les bilans des banques belges ont été fortement réduits, l’effet de levier a été atténué, les actifs pondérés en fonction des risques ont été diminués, l’exposition à l’étranger et la dépendance envers les marchés financiers ont également été limitées. De plus, des investissements significatifs ont été consentis pour renforcer les structures de contrôle interne au sein même des banques.

Le contrôle exercé sur les banques a aussi été entièrement réformé, c’est-à-dire affiné et renforcé. Ainsi, en sa qualité d’autorité de contrôle prudentiel, la Banque nationale de Belgique a la possibilité, par exemple, d’annuler les décisions stratégiques des banques si elle juge cette mesure nécessaire pour garantir la stabilité financière.

De plus, les banques et le cadre réglementaire dans lequel elles doivent travailler, sont désormais beaucoup plus stricts qu’avant la crise : un large éventail de règles nationales, européennes et internationales veillent à ce que les banques soient mieux capitalisées qu’auparavant, mais aussi que leur ratio de trésorerie soit sensiblement renforcé en tendant vers un financement plus stable des banques, mais aussi vers une augmentation des actifs disponibles.

Le secteur bancaire belge a toujours donné l’exemple des réformes. Il est plus que jamais convaincu qu’une augmentation du chiffre d’affaires ne produit pas forcément une plus-value pour la société, et que la prudence doit occuper une place centrale. C’est pourquoi les banques belges présentent un meilleur ratio entre le total du bilan et le produit intérieur brut (PIB), et des fonds propres plus élevés que la moyenne européenne.

Suite à cette métamorphose en profondeur, le secteur financier belge se trouve aujourd’hui dans une réalité sociétale, macroéconomique et financière totalement différente. Cette nouvelle réalité ne cesse d’ailleurs d’évoluer. Il n’est toutefois pas toujours aisé d’y mener un débat objectif parce que les émotions suscitées par la crise financière imprègnent encore les discussions cinq ans plus tard. Il est donc parfois difficile de tirer des conclusions claires et basées sur les faits concernant l’avenir du secteur financier.

Le secteur financier tient pourtant à entrer dans le débat et à poursuivre l’élaboration d’un modèle financier sûr, durable et vital qui pose pour principes la réflexion et l’action à long terme. Un modèle dans lequel les banques sont le moteur d’activités qui se veulent au service de l’homme, de la société et de l’économie.

Les 3 missions de base

Les trois missions de base d’un tel secteur financier, identifiées par l’agenda stratégique comme les clés de voûte de la politique, sont les suivantes :

  • le financement de l’économie
  • le traitement équilibré de l’épargne et des investissements
  • la création d’une infrastructure financière moderne et efficace 

 

Ces missions de base sont donc les clés de voûte du modèle financier, mais ce sont aussi des missions complexes et pas toujours évidentes, qui influencent directement la façon dont une institution financière pense, fonctionne et s’organise. Elles produisent un impact sur toutes les composantes du système financier et sur tous les acteurs qui animent ce système, qu’il s’agisse du banquier, de l’autorité de contrôle, de l’État ou du consommateur.

Les 3 facteurs de succès

Le secteur financier ne peut toutefois remplir ces missions de base de façon optimale que dans la mesure où trois facteurs de succès sont présents :

  • Les banques doivent pouvoir mener un dialogue ouvert avec toutes les parties prenantes.
  • Les banques doivent pouvoir maintenir un modèle de rendement suffisamment durable.
  • La société doit rester réaliste dans ses exigences envers les banques.

 

Voir ici pour les 3 facteurs de succès en plus de détail.

Les 4 engagements

Le secteur financier belge se fait toutefois fort de pouvoir continuer à remplir ses missions de base à l’avenir. C’ est pourquoi il prend 4 engagements dans le cadre de son agenda stratégique. Ces engagements sont :

Ces engagements détermineront les contours du secteur financier dans les prochaines années, mais aussi bien au-delà. Ils constituent la base du modèle financier durable et vital que le secteur ambitionne et ils continueront à peser sur les grandes lignes de la politique menée par les banques belges.