Le moment d’investir dans la modernisation et l’innovation

Le secteur s’engage dès lors à continuer à investir dans les technologies, les applications et les produits nouveaux, afin de soutenir le caractère dynamique et compétitif de l’économie belge.

La sécurité, la rapidité, la transparence et la facilité occupent une place centrale dans les paiements en Belgique. De plus, les nouveaux produits doivent aussi être rentables. Autrement dit, ils doivent créer une valeur durable dans le contexte de faible rentabilité actuel. Dans un paysage compétitif dans lequel des acteurs non bancaires comme des grandes surfaces ou des compagnies pétrolières proposent aussi des moyens de paiement, il est d’ autant plus vital de rendre l’innovation performante. En effet, il n’est pas évident pour le secteur financier de continuer à produire un rendement suffisamment durable, face à tous ces acteurs pour lesquels les moyens de paiement ne sont pas l’activité primaire et qui peuvent donc aussi les financer avec leurs autres activités.

L’innovation durable dans les paiements électroniques étant cependant essentielle pour un secteur financier qui veut se préparer à l’avenir, l’un des groupes de travail de l’agenda stratégique s’est concentré sur le développement de moyens de promouvoir le paiement électronique et de réduire et optimaliser l’utilisation de liquidités. Les deux éléments créent en effet une plus-value économique et sociétale manifeste : une circulation plus efficace des paiements et une diminution de l’utilisation de liquidités évitent des coûts superflus pour la société, renforcent la sécurité des paiements et améliorent la transparence fiscale des transactions économiques.

Le groupe de travail a élaboré un plan d’action pour poursuivre la modernisation de l’architecture financière et pour continuer à innover. Ce plan d’action se compose de quatre piliers :

  • la promotion des paiements électroniques
  • le développement de nouveaux instruments de paiement
  • le dialogue et la collaboration avec les pouvoirs publics
  • des mesures pour décourager et optimaliser l’utilisation et la manipulation d’argent liquide

Le plan d’action doit aider le secteur financier à concrétiser son ambition d’ici 2015 et à franchir le cap de 2 milliards de transactions électroniques par an.

La promotion des paiements électroniques

Ces derniers mois, diverses mesures ont déjà été prises pour favoriser les paiements électroniques. Par exemple :

  • Pendant l’été 2012, Comeos (la Fédération belge du commerce et des services) et la Fédération belge du secteur financier Febelfin ont lancé une campagne de promotion des paiements électroniques.‘Payer ? Par carte évidemment !’ est une campagne au logo reconnaissable, visible sur les sites web et dans les agences des institutions financières, mais aussi dans tous les lieux où il est possible de payer avec une carte: dans les commerces et les grandes surfaces, chez les pharmaciens, dans les hôpitaux, etc.
  • Le prix payé par les commerçants pour les transactions sur de petits montants (inférieurs à 10 EUR) par Bancontact/MisterCash a été sensiblement réduit.
  • La possibilité a été instaurée de payer de petits montants sans devoir introduire de code pin.
  • Le schéma de paiement national de Bancontact/MisterCash a été rendu conforme aux règles européennes SEPA (Single Euro Payments Area). Grâce à cette standardisation et à la concurrence entre les divers acteurs européens, le prix des terminaux continuera à baisser et les acteurs du marché pourront proposer des formules plus avantageuses aux commerçants.

Le développement de nouveaux instruments de paiement

Le secteur s’investit aussi pleinement dans le développement des paiements mobiles et sans contact, par exemple avec des smartphone linked terminals ou des smartphones-as-terminal.

Les smartphone linked terminals permettent à l’utilisateur d’effectuer des paiements avec son smartphone à condition toutefois d’utiliser un petit terminal. Parmi les exemples figure le système i-Zettle. Dans ce cas, un petit lecteur de carte est monté sur le smartphone, dans lequel une carte de paiement est insérée.

Avec les systèmes smartphone-as-terminal, l’utilisateur n’a pas besoin de terminal à proximité pour effectuer un paiement, mais uniquement son propre smartphone. Un exemple est le paiement via codes QR. En Belgique, des initiatives ont été lancées ou sont en préparation avec les deux systèmes.

Les institutions financières investissent aussi dans l’élargissement des possibilités applicables à l’e-commerce. En Belgique, le marché du commerce en ligne possède encore un grand potentiel de croissance. La nouvelle génération sera moins attachée que la précédente aux agences physiques, et utilisera plus souvent les modes de paiement électroniques. Dans ce domaine, la Belgique doit d’ ailleurs encore combler l’écart avec les leaders européens.

Le dialogue et la collaboration avec les pouvoirs publics

Le secteur financier invite les pouvoirs publics à souscrire aussi aux initiatives visant à promouvoir les paiements électroniques. Les pouvoirs publics pourraient remplir une fonction d’exemple et encourager la généralisation du paiement électronique, notamment en :

  • adoptant des incitants fiscaux pour les terminaux de paiement
  • interdisant les paiements liquides au-delà d’un certain montant (par exemple 1000 EUR)
  • en promouvant la facturation électronique

Les pouvoirs publics ont intérêt à endosser ce rôle car des coûts sociétaux très élevés sont liés à l’utilisation de l’argent liquide. En optimalisant la circulation des liquidités, le secteur financier pourrait opérer plus efficacement et devenir plus rentable. Ceci engendrerait une plus-value tant pour les banques que pour le consommateur et la société.