Pourquoi un agenda stratégique ?

Depuis l’éclatement de la crise financière en 2008, le secteur bancaire belge a opéré une transformation radicale. Il s’est réorienté vers ses missions de base et ses marchés intérieurs. Il a réduit ses bilans, atténué l’effet de levier et diminué son exposition aux risques. Et ce processus de changement n’est pas achevé. Le monde bancaire doit poursuivre sa mutation pour devenir un secteur durable et vital au service de l’homme, de la société et de l’économie.

Le secteur traverse une période agitée et il doit accomplir une tâche titanesque. Les crises successives ont ébranlé la confiance accordée aux acteurs financiers et les banques ont à présent pour délicate mission de regagner cette confiance dans un contexte difficile et parfois hostile.

Depuis la crise, le secteur bancaire a profondément changé. Les règles ont été adaptées et le contrôle exercé sur les banques a été renforcé. Toute une série de nouvelles mesures, de règles relatives aux fonds propres et d’autres initiatives législatives, sont sur le point d’être mises en œuvre. Lorsque ces règles entreront en application, le secteur des institutions financières ne sera plus jamais le même.

En tant que secteur financier, nous estimions qu’il était important d’offrir aux banquiers et à la société un point de repère pour l’avenir. L’exercice stratégique que vous tenez entre les mains s’efforce de décrire les missions de base du nouveau secteur financier vital et durable au service de l’homme, de l’économie et de la société. Il dessine la trame d’un paysage bancaire belge qui veut rester la ligne de vie de l’économie à l’avenir, mais qui identifie aussi les pièges que le secteur devra éviter en chemin. Il prend aussi résolument quatre engagements concrets (quatre promesses gravées dans la pierre en quelque sorte) des banquiers belges envers la société.

Entre-temps, le secteur a baptisé cet exercice le 3-3-4. Parce qu’il identifie 3 missions de base, désigne 3 facteurs de succès et pose 4 engagements. Le 3-3-4 n’est pas une initiative menée depuis une tour d’ivoire. Elle s’appuie sur les besoins de la société et, lors d’une phase préparatoire, elle n’a pas manqué d’être soigneusement éprouvée par cette même société. Elle a ensuite été développée par un groupe nombreux de banquiers de tous niveaux, qui se sont inspirés des demandes émanant de la société et qui ont soumis les résultats de ces demandes à l’épreuve des faits au moyen d’une étude scientifique indépendante.

L’agenda stratégique et ses engagements sont intégrés dans la politique de toutes les banques belges. En commençant par le sommet. De là, la politique influencera immanquablement tous les niveaux du secteur financier, de haut en bas, du siège à l’agence.

Nous espérons que les principes de l’agenda stratégique continueront à définir l’avenir du secteur bancaire belge. D’ ici à 2015, mais aussi bien au-delà. Pour y parvenir, les institutions financières devront évidemment trouver un soutien suffisant auprès de la société. Sans la confiance de cette société, sans la compréhension que les facteurs de succès dépendent de la mesure dans laquelle les 3 points névralgiques de l’agenda stratégique peuvent être résolus, il sera très difficile aux banques de concrétiser leurs 4 engagements et de continuer à assurer pleinement leurs 3 missions de base. Il est crucial que les banques, mais aussi l’ensemble de la société poursuivent cet objectif avec la plus grande conviction possible. Dans l’intérêt des banques et de leurs milliers de collaborateurs, mais aussi et surtout dans l’intérêt du Belge, de l’économie belge et de la société belge.

 

Filip Dierckx, Président Febelfin

Michel Vermaerke, Chief Executive Officer Febelfin